Vous en rêviez depuis au moins dix minutes, et ça y
est : vous avez été taguée.
Bombay magic vient donc de vous refiler, comme une joyeuse
maladie, une liste invraisemblable de questions impossibles auxquelles il vous faut
répondre le plus clairement possible, sinon, à ce que vous avez compris, un
personne de petite taille viendra vous enfiler un sarouel ( ?). De toute
façon, comme vous l’avez déjà dit , comme tout un chacun vous adorez qu’on vous demande
votre avis sur des trucs qui n’intéressent personne.
Allons-y.
Qu’est ce qui t’obsède ?
Ah mais oui, crois le ou pas mon coco, ça démarre
comme ça.
Bon, ce qui vous obsède, c’est vos obsessions, les trucs
auxquels vous pensez tout le temps… C’est ça, ce qui vous obsède.
Les mauvaises herbes, par exemple. Pas pour les arracher, hein. Pour les
identifier, les manger, les caresser, les adorer. Dans toutes les villes du
monde où vous êtes allée, par exemple (au hasard, rome, bombay, stockholm, bruxelles,
athènes, pondichéry, singapour, dubai, new york, oh arrêtez de crâner, vous
n’êtes jamais allée à Brie comte robert), (enfin bon tous ces trucs ringards
comme londres ou syracuse), vous avez réussi à trouver du pourpier sauvage
entre les pavés.
Quelle est ton obsession la plus étrange ?
Tout est étrange en vous. Comment définir quelqu’un qui
tutoie ses lecteurs tout en se vouvoyant ?
Que portes-tu aujourd’hui ?
Une partie infime de la misère du monde, et aussi de très
beaux bijoux en argent. Tout à l’heure, vous avez porté un chat.
Que mangerez vous ce soir ?
Les mêmes trucs déprimants que les autres soirs, mais tout
faits. Du riz aux crevettes avec des cheveux dedans.
Quelle est la dernière chose que tu as achetée ?
Un truc au chor bazar . Pas cher, et malgré tout pas très utile. Dans une
boutique secrète à l’étage, dans un immeuble tout pourri qui sent mauvais, où vous n’étiez jamais allée avant (ce type
d’endroit existe, vous en avez fait la triste et joyeuse constatation ce jour),
même qu’une dame indienne assise par terre juste derrière la porte en train de fouiller dans la marchandise a failli
mourir de vous voir là et vous a demandé comment ça se faisait-ce que vous étiez
là, dans le même truc secret qu’elle. Vous avez fait semblant d’être anormale,
alors elle n’a plus rien dit : vous avez pu marchander des trucs à
cinq roupies la pièce (vous ne direz pas ce que c’est, sûrement pas) (bon, de minuscules
petites broderies de fleurs anciennes sur des minuscules morceaux de soie, ok,
bon, vous ne vouliez rien dire, pourquoi vous avoir forcée). Vous en avez pris
37. C’est le nombre exact qu’il vous fallait pour fabriquer un truc dont vous
n’avez pas encore idée. Mais c’était le nombre exact. 37.
Qu’écoutes-tu pour l’instant ?
Sir qui siffle dans le salon en marbre rutilant. Le match à
Roland Garros doit être fini. Et le chat qui réclame de la bouffe sans poils.
Quelle est ta glace préférée ?
Le pista kulfi. Une tranche ronde et plate de glace indienne
enveloppée dans du papier, super sucrée, super délicieuse, charmante, agréable,
plaisante et satisfaisante, et aussi un petit peu exquise.
Que penses tu de la personne qui t’a taguée ?
Que pour elle comme pour vous, ça doit porter la poisse de
tenir un blog, parce qu’elle aussi doit rentrer en France en le voulant pas
trop trop. Vous souhaitez qu’elle y soit heureuse. Vous pensez qu’elle a une
vraie âme et un vrai talent de journaliste. Et qu’en même temps, elle est
drôle, ce qui n’est pas très facile, comme truc.
Si on t’offrait une maison n’importe-où dans le monde, où
voudrais-tu qu’elle soit ?
Dans plein d’endroits différents ; une maison volante,
un peu, qui dort pas du tout la nuit, et le matin on sait pas où on est. Mais
où il y a de la campagne, quand même, et des murs pour accrocher des tableaux.
Ton must have pour l’été ?
Des très grandes armoires pour ranger tous les millions
d’habits et d’écharpes que vous avez accumulés en deux ans en Inde. Par
exemple, vous avez 19 écharpes en coton tye & dye et d’un chic renversant.
Si tu pouvais aller n’importe où dans le monde, dans l’heure
qui vient, où irait-tu ?
Dans votre maison de n’importe où dans le monde, pour voir si Leena est dans la cuisine.
Quelle langue voudrais-tu apprendre ?
Vous avez été trop frustrée de parler mal l’anglais pour
choisir serbo-croate. Et aussi, s’il te plait, vous voudriez l’anglais avec
l’accent indien.
Quelle est ta citation préférée ?
Viser la lune, ça me fait pas peur.
oh, bon, vous ne savez pas. Mais disons que votre devise ce serait un peu si tu
veux tu peux (jean bernard Cagoule)
Qui voudrais tu rencontrer ?
Le mec, à gauche sur la photo.Vous vous êtes croisés, un jour, sur une plage du kerala. Vous êtes trop timide. Il est beau, non? C'est un empereur.
Quelle est la pièce préférée de ton armoire ?
La salle de bain
Quelle est ta couleur préférée ?
Pourtant vous faisiez des prières pour échapper à celle-là. Mais on s’en fout, ma petite belette ! Le marron,
tiens. Avec du vert foncé, une bordure de bordeaux mordoré et des cœurs en
fausse fourrure.
Quel est ton mannequin préféré ?
Jean bernard Cagoule.
Si tu avais 100 dollars à dépenser tout de suite,
qu’achèterais-tu ?
Vous te l’offririez (rien que pour la phrase mal sonnante et trébuchante)
Ton style préféré ?
Le style genre.
Que considérez-vous comme un fashion faux pas ?
Le fait de tantôt vous tutoyer, et tantôt vous vouvoyer,
selon le niveau d’implication sensorielle des questions de ce tag
De qui ou de quoi t’inspires-tu pour t’habiller ?
De qui : des femmes les plus chics et dingos du
monde.
De quoi : de jean bernard ivre, aussi.
Ça donne un ensemble très réussi.
Le métier de tes rêves ?
Un métier où tout le monde vous trouverait sensationnelle.
Mais y en a pas.
Gratteuse de chat, peut-être.
Décris ton style personnel.
Vous ressemblez un petit peu à une étagère. Vous êtes
sensationnelle.
Que voudrais-tu voir revenir à la mode ?
Les filles qui ressemblent à des lits de camp. Vous en avez marre d'être dans le coup.
Quelle période t’inspire le plus dans la mode ?
Vous aimez bien les années soixante, et aussi la période
entre quatre et six ans.
Quand tu t’habilles, par quoi commences-tu ?
Par regretter de ne pouvoir vous plaindre de ne rien avoir à
vous mettre.
Quelle est la pièce que tu ne porteras jamais ?
Le salon. Il est bien trop lourd, avec tout ce marbre
rutilant.
Y a-t-il des pièces qui te plaisent mais que tu n’oserais
jamais porter ?
Vous ne désirez pas porter des pièces. Vos désirs sont bien différents. C’est une idée
stupide. Où iriez vous les poser ensuite ? Dans votre maison qui est
n’importe où dans le monde ? Cesse avec ça. Cesse tout de suite.
Que vas-tu faire après ça ?
Vous hésitez entre crever dans un coin et allumer la clim. Taguer quelqu’un d’autre. Taguer la baby de
bombay qui se croit bien tranquille.